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le conte est bon - Blog gérontologique de Richard Lefrançois
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  • Richard Lefrançois
  • Retraité et professeur associé (Université de Sherbrooke, Québec), Sociologue, gérontologue
  • Retraité et professeur associé (Université de Sherbrooke, Québec), Sociologue, gérontologue

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Archives Des Six Derniers Mois

25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:37

 

Un paysan possédait un chien fidèle, nommé Sultan. Or le pauvre Sultan était devenu si vieux qu'il avait perdu toutes ses dents, si bien qu'il lui était désormais impossible de mordre. Il arriva qu'un jour, comme ils étaient assis devant leur porte, le paysan dit à sa femme :
- Demain un coup de fusil me débarrassera de Sultan, car la pauvre bête n'est plus capable de me rendre le plus petit service.
La paysanne eut pitié du malheureux animal :
- Il me semble qu'après nous avoir été utile pendant tant d'années et s'être conduit toujours en bon chien fidèle, il a bien mérité pour ses vieux jours de trouver chez nous le pain des invalides. 
- Je ne te comprends pas, répliqua le paysan, et tu calcules bien mal : ne sais-tu donc pas qu'il n'a plus de dents dans la gueule, et que, par conséquent, il a cessé d'être pour les voleurs un objet de crainte ? Il est donc temps de nous en défaire. Il me semble que s'il nous a rendu de bons services, il a, en revanche, été toujours bien nourri. Partant quitte.
Le pauvre animal, qui se chauffait au soleil à peu de distance de là, entendit cette conversation qui le touchait de si près, et je vous laisse à penser s'il en fut effrayé. Le lendemain devait donc être son dernier jour ! Il avait un ami dévoué, sa seigneurie le loup, auquel il s'empressa d'aller, dès la nuit suivante, raconter le triste sort dont il était menacé. 
- Écoute, compère, lui dit le loup, ne te désespère pas ainsi ; je te promets de te tirer d'embarras. Il me vient une excellente idée. Demain matin à la première heure, ton maître et sa femme iront retourner leur foin ; comme ils n'ont personne au logis, ils emmèneront avec eux leur petit garçon. J'ai remarqué que chaque fois qu'ils vont au champ, ils déposent l'enfant à l'ombre derrière une haie. Voici ce que tu auras à faire. Tu te coucheras dans l'herbe auprès du petit, comme pour veiller sur lui. Quand ils seront occupés à leur foin, je sortirai du bois et je viendrai à pas de loup dérober l'enfant ; alors tu t'élanceras de toute ta vitesse à ma poursuite, comme pour m'arracher ma proie ; et, avant que tu aies trop longtemps couru pour un chien de ton âge, je lâcherai mon butin, que tu rapporteras aux parents effrayés. Ils verront en toi le sauveur de leur enfant, et la reconnaissance leur défendra de te maltraiter ; à partir de ce moment, au contraire, tu entreras en faveur, et désormais tu ne manqueras plus de rien. 
L'invention plut au chien, et tout se passa suivant ce qui avait été convenu. Qu'on juge des cris d'effroi que poussa le pauvre père quand il vit le loup s'enfuir avec son petit garçon dans la gueule ! qu'on juge aussi de sa joie quand le fidèle Sultan lui rapporta son fils ! 
Il caressa son dos pelé, il baisa son front galeux, et dans l'effusion de sa reconnaissance, il s'écria : 
- Malheur à qui s'aviserait jamais d'arracher le plus petit poil à mon bon Sultan ! J'entends que, tant qu'il vivra, il trouve chez moi le pain des invalides, qu'il a si bravement gagné ! Puis, s'adressant à sa femme :
- Grétel, dit-il, cours bien vite à la maison, et prépare à ce fidèle animal une excellente pâtée ; puisqu'il n'a plus de dents, il faut lui épargner les croûtes ; aie soin d'ôter du lit mon oreiller ; j'entends qu'à l'avenir mon bon Sultan n'aie plus d'autre couchette. 
Avec un tel régime, comment s'étonner que Sultan soit devenu le doyen des chiens.
La morale de ce conte est que même un loup peut parfois donner un conseil utile. Je n'engage pourtant pas tous les chiens à aller demander au loup un conseil, surtout s'ils n'ont plus de dents.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:22

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Un vieillard traversait une forêt quand sur son chemin, de derrière une souche, a surgi une grenouille qui lui a adressé ces paroles :

- Eh ! Vieil homme, je suis une jeune et belle princesse ensorcelée. Embrasse-moi, je retrouverai ma forme première et je serai tienne à jamais !


Le vieillard n'en a cru ni ses yeux ni ses oreilles. Il s'approche, tend le cou, et la grenouille répète :

- Oui, vieil homme, tu m'as bien entendue ! Je suis une jeune et belle princesse de dix-sept ans, yeux bleus, cheveux blonds... Embrasse-moi et je serai tienne à jamais !


Alors, le vieillard a pris la grenouille, l'a mise dans sa poche et a poursuivi sa route le visage rayonnant. Depuis la poche, la grenouille s'est écriée :

- Oh ! vieillard ! Tu m'as peut-être mal comprise ! Je t'ai dit : je suis une jeune et belle princesse de dix-sept ans, yeux bleus, cheveux blonds, joliment faite et bien bâtie... Embrasse-moi et je serai tienne à jamais !


Mais le vieillard, tapotant sa poche, lui a répondu :

- Tu sais, à mon âge, il est beaucoup plus amusant d'avoir une grenouille qui parle pour me tenir compagnie.

De Jean-Jacques Fdida.

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 15:11

Voici un conte roumain recueilli par Jean Cuisenier dans  Le feu vivant. La parenté et ses rituels dans les Carpates, Paris, Presses Universitaires de France, 1994, p. 326.

roumains

Deux vieux parents roumains ont sept enfants. Assis au bord d’un lac, ils se demandent qui peut les soutenir dans leurs vieux jours. C’est ainsi qu’ils décident de visiter tous les enfants et de leur demander de l’aide. À la requête des parents qui attendent concours et soutien de leurs enfants, les six premiers donnent des réponses évasives. Ils invoquent toutes sortes de prétextes (pauvreté, famille nombreuse, manque de temps et d’argent) pour se soustraire à la demande. Six fois, les parents repartent bredouilles et pleins d’amertume. Finalement, ils se rendent chez le plus jeune, qui est aussi le plus pauvre. Il vivait au jour le jour en fabriquant des balais. Sans beaucoup d’espoir, les parents lui demandent de les accueillir. Celui-ci accepte volontiers. Il bâtit une petite maison dans la cour de la gospodaria (La gospodaria comprend le
groupe domestique, la cour avec la maison et les dépendances et un lopin jardiné. Elle
représente l’élément essentiel autour duquel s’organisent toutes les activités du monde rural roumain).

Après un certain temps, les vieux parents veulent partager leurs biens entre les sept enfants, mais finalement ils décident de léguer tous les biens au dernier-né. Mécontents, les aînés réclament leur droit devant la justice, mais les juges décident de donner gain de cause au dernier-né. Les aînés se révoltent contre cette décision judiciaire et veulent tuer leur plus jeune frère. Après un dur affrontement, le dernier-né l’emporte, avec l’aide de son chien doté de pouvoirs surnaturels. Les aînés demandent pardon à leurs parents et à leur frère cadet. La fin est, bien entendu, positive, puisque les membres de la famille vivent à nouveau en paix.

Voici un conte populaire qui symbolise fort bien l’éthique du système traditionnel roumain de perpétuation. Les points saillants de ce conte illustrent les pratiques de transmission qui méritent notre attention.

Le conte prend naissance dans un contexte concernant l’humanité entière : l’angoisse des parents face à la vieillesse, la solitude et la mort. Comment le récit traditionnel roumain illustre-t-il la façon dont les Roumains parviennent à pallier cette angoisse ? On recherche de l’aide dans la parenté, précisément auprès des enfants. Il est à noter que les ressources escomptées se trouvent entièrement à l’intérieur du système de parenté et que les agents extérieurs (le tribunal, par exemple) ont des fonctions narratives subordonnées à la logique du système principal. Cette solidarité se matérialise dans la proximité géographique : le bon enfant accueille les parents âgés auprès de lui et bâtit une maison dans sa cour. Les « méchants », au contraire, les repoussent vers un « ailleurs » : c’est dans ce vecteur d’éloignement qu’ils se révèlent comme « étrangers ». L’« ailleurs » exprime la désintégration du réseau familial, alors que la gospodaria est, au contraire, le lieu de sens culturel où la solidarité familiale s’épanouit.

Le dernier-né est pleinement récompensé pour les charges prises auprès des parents : il reçoit tout l’avoir familial. C’est un partage inégalitaire qui se fait sur la base du « mérite ». Cette logique inégalitaire mise en œuvre par les parents entre en contradiction avec la logique égalitaire prônée par les enfants. Par conséquent, les aînés font appel à la justice, la seule institution qui puisse les protéger contre la culture locale et la volonté parentale. Mais elle donne raison aux parents ! Tout se passe comme si le conte tendait à légitimer un traitement inégal en faveur du cadet par l’aide que ce dernier aurait offerte aux parents.

Les contes initiatiques finissent par un « combat final » qui doit apporter des solutions durables. C’est ici que la parabole du conte se produit pleinement : le « plus petit » gagne grâce à un allié magique qui apporte le pouvoir moral ainsi que la morale de l’histoire : le dernier-né, qui accueille ses parents dans leurs vieux jours, reçoit l’héritage pour devenir leur successeur et pour perpétuer cette éthique à travers le temps – jusqu’à nos jours ? C’est cette morale également qui apporte la paix durable et qui ramène la solidarité au cœur du réseau de parenté comme une valeur structurelle sans laquelle tout l’univers familial .

Source :  Florina Gaborean (2011). Transmission patrimoniale et relations intergénérationnelles en Roumanie postsocialiste, Recherches familiales, no. 8, pp. 19-29.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 20:10

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La nuit de Noël, dans toute la maison,

Nul être ne bougeait, pas même une souris ;

Les chaussettes pendaient, près de la cheminée,

Espérant la venue du bon Père Noël ;

Les enfants se nichaient au creux des lits douillets,

Des rêves de bonbons dansaient dans leurs esprits ;

Maman sous son fichu, et moi sous mon bonnet,

Préparions nos cerveaux au long sommeil d'hiver,

Quand de notre cour enneigée monta un tel fracas

Que je sautai du lit voir ce qui se passait,

Volant à la fenêtre, aussi prompt que l'éclair,

Repoussant les volets, relevant le châssis.

La lune qui jouait sur la neige récente

Donnait à chaque objet le lustre de midi,

Quand à mes yeux ravis, devinez qui parut,

Un tout petit traîneau, huit rennes minuscules.

Un vieux gaillard les menait prestement,

Je reconnus le Père Noël dès le premier moment.

Plus rapides que l'aigle bondissaient ses coursiers,

Il sifflait et criait, interpellant chacun :

Allez, Fougueux ! Danseur ! allez, Fringant ! Rusé !

Comète ! Cupidon ! vite, Elégant ! Éclair !

Sautez en haut du porche ! Et vite en haut du mur !

Galopez, galopez ! Filez à toute allure !

Comme les feuilles mortes que chasse l'ouragan

Rencontrant un obstacle, remontent vers le ciel,

En haut de la maison bondissaient les coursiers,

Leur traîneau plein de jouets, entraînant le Père Noël.

Alors, en un éclair, j'entendis sur le toit

Piaffer allègrement chaque petit sabot.

Quand je rentrai la tête pour me retourner

Je vis le Père Noël bondir hors de la cheminée.

Revêtu de fourrure de la tête aux pieds,

Son habit tout couvert de cendres et de suie,

Et un ballot de jouets jeté sur son épaule,

C'était un camelot prêt à ouvrir son sac.

Ses yeux, comme ils brillaient ! Ses pommettes joyeuses

Ses joues au teint fleuri et son nez en cerise !

Sa drôle de petite bouche tendue comme un arc,

La barbe à son menton, aussi blanche que neige ;

Il tenait une pipe serrée entre ses lèvres

Un cercle de fumée auréolait son front ;

Il avait large tête et petit ventre rond,

Qui tremblait à son rire, comme un bol de gelée.

Joufflu, dodu, tel un joyeux lutin :

Je ne pus m'empêcher de rire en le voyant ;

En un petit clin d'œil et un signe de tête,

Il m'assura bientôt que je ne craignais rien.

Sans prononcer un mot, il se mit à la tâche,

Et remplit tous les bas, puis se tourna soudain,

Un doigt le long du nez, pour un petit salut,

Avant de remonter dedans la cheminée.

Il reprit son traîneau, siffla son attelage,

Et tous s'évaporèrent, tels duvets d'un chardon,

Mais je l'entendis bien crier en s'éloignant :

JOYEUX NOËL À TOUS !

Adaptation d’un conte en ligne

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 15:22

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Une vieille paysanne n’avait pour seule richesse que deux grandes jarres pour aller puiser l’eau.
L’une des jarres était fêlée, alors que l'autre, intacte, rapportait toujours dans sa panse rebondie une pleine ration du précieux liquide.


Chaque matin la femme allait au ruisseau, chacune des jarres suspendue au bout de la perche qu'elle portait en balancier de part et d’autre du cou.

 
Au terme de la lente marche de retour, du ruisseau au logis, la jarre fêlée n'était plus qu'à moitié emplie d'eau.
Jour après jour, le manège se poursuivait au pas chaloupé de la vieille qui, de fait, ne ramenait chez elle qu'une jarre et demie d'eau.


La jarre intacte était très fière de la perfection de ses formes et de sa performance alors que l’humble jarre fêlée se sentait bien misérable de ne retenir qu’une demie ration d’eau.

Alors qu'elles étaient près du ruisseau, après des années de ce qu'elle percevait comme un honteux échec, « la fêlée » humblement s'adressa à la vieille. « J'ai honte de moi. Mon corps imparfait laisse l'eau s'échapper tout le long du chemin. Pourquoi me gardes-tu ?»

Étonné, le visage de la vieille s’éclaira d’un sourire ô combien malicieux.
« As-tu remarqué ces fleurs de ton côté alors qu’il n'y en a pas de l'autre? J'ai toujours su à propos de ta fêlure… », dit-elle dans un murmure.

« J’y ai vu un signe et j’ai cru le comprendre. J'ai semé des graines de ton côté afin que chaque jour, lors du retour vers la maison, ton eau les arrose. Durant toutes ces années, saisons après saisons, j'ai pu ainsi cueillir ces superbes fleurs que je vends au marché et qui décorent ma table. Sans toi et ta fêlure je n'aurais pu avoir ces bouquets parfumés».


Une perle d’eau claire en larme attendrie s’échappa de la jarre, roula sur le long du col et se perdit dans l’herbe.


Chacun de nous a ses propres manques et ses propres fêlures par lesquelles s’écoulent les forces de la vie.
Chacune de ces particularités, chacune de ces imperfections et chacun de ces manques arrosent à notre insu les bas côtés de nos parcours.
Allons, salut à vous, amis fêlés, essuyez vos yeux!
Boiteux, blessés de la vie, artistes, poètes, distraits, originaux et autres imparfaits, que cette journée vous soit douce !
Prenez le temps de remarquer ces fleurs qui bordent votre chemin!
Pour ma part, je m’en vais de ce pas en cueillir quelques unes pour en faire un bouquet que j’appellerai différence, que j’appellerai tolérance, que j’appellerai destinée ou que j’appellerai tout simplement « La Vie ».

http://planete.qc.ca/henripull/henripull-5102006-112822.html

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 17:08

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(extrait de «Vieillesse et culture
Du bon usage des personnes âgées»,par
Léandre Nshimrimana)

Ce conte burundais, raconte l’auteur de l’article, évoque le souci des anciens de la famille. Si nous ne pouvions les
soigner par amour, au moins devrions-nous le faire par intérêt ?


Un vieil homme, n’ayant plus la force de cultiver sa terre, avait
trouvé refuge chez son fils. Mais ce dernier le maltraitait, l’accusant
de consommer son maïs sans rien lui rapporter en retour, de n’être
qu’une bouche inutile. Non seulement il lui donnant très peu à manger,
mais il le servait dans l’écuelle de son chien. Et quand le vieillard avait
fini de manger, son fils lançait avec mépris l’écuelle dans un coin, avec
le pied, sans la nettoyer.

Ayant remarqué cela, son propre fils – le petit
fils du vieillard – se mit à s’occuper avec beaucoup de soins de
l’écuelle. Chaque fois que son grand-père avait fini de manger ses
quelques graines de maïs, le petit garçon prenait l’écuelle, la nettoyait
avec soins, et la rangeait dans un coin sûr.


Son père, intrigué, finit par lui demander : « Mon fils, pourquoi
t’occuper de cette écuelle ? Ton grand-père est un fardeau pour nous,
il ne veut pas mourir, il ne mérite pas que tu lui consacres autant
d’attention ».
Et son fils répondit :
– « Ce n’est pas pour mon grand-père que je fais cela, mais bien
pour toi ».
– « Pour moi ? »
– « Absolument, répondit le fils. J’aurai besoin de cette écuelle,
quand tu seras vieux! »
À partir de ce jour, le fils traita son vieux père avec le plus grand
respect !

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 14:32

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Un vieillard de 90 ans qui vivait seul en Irak, dans la banlieue de Bagdad, voulait planter des pommes de terre dans son jardin. Mais, c'était un travail très pénible pour un homme de son âge, car il lui fallait au préalable retourner toute la terre durcie par le soleil.

Ahmed, son fils unique qui, habituellement, l'aidait pour cette tâche, était en prison à Guantanamo, car l'armée U.S. le suspectait d'être un membre important du parti Baas.

Le vieil homme décide alors d'écrire une lettre à son fils dans laquelle il y décrit sa situation difficile:

"Cher Ahmed, je me sens très malheureux, parce qu'il me semble bien que cette année, je ne serai pas capable de planter mes patates. Je suis trop vieux pour pouvoir creuser et retourner la terre du carré de jardin. Si tu étais ici, tous mes problèmes seraient résolus. Je sais que tu creuserais et retournerais la terre du carré pour moi.
Affectueusement, Papa"

Quelques jours plus tard, le vieillard reçoit une lettre de son fils:

"Cher Papa, Pour l'amour du ciel, Papa, ne creuse pas dans le jardin, c'est là que j'ai enterré le stock de Kalachnikovs et de lances-roquettes. Affection, Ahmed"

À 4 heures, le matin suivant, un camion rempli de membres des Forces Spéciales débarque chez le grand-père et les militaires se mettent à creuser tout le carré du jardin sans finalement trouver aucune arme.


Dépités, ils s'excusent auprès du vieillard et quittent les lieux.


Le même jour, le vieil homme reçoit une nouvelle lettre de son fils:

 

"Cher Papa, Vas-y, maintenant, tu peux planter tes patates. C'est le mieux que je pouvais faire dans les circonstances. Affection, Ahmed"

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 07:43

  image                                                                                                 Il était une fois un très vieux bûcheron nommé Yoshida qui vivait auprès de sa très vieille femme, Fumi. Ils habitaient tous deux, pleinement heureux, dans l'île sacrée de Miya Jima, couverte de pins et d'érables. Un des plus beaux paysages du Japon. Nul n'avait le droit de mourir ici. Ils avaient connu de grandes joies lors de la naissance de leurs trois enfants. De grandes peines aussi. Mais la solitude et la vieillesse les avaient gagnés, ils étaient ridés et secs comme ces vieux troncs que l'on rencontre dans la forêt.

                                                                         
Un jour, par un clair soleil d'automne, Yoshida se dirigea vers la forêt et se promena dans ce lieu qu'il avait tant fréquenté autrefois. Il n'avait jamais prêté attention à cette fontaine. Puisant un peu de son eau limpide, il la porta à ses lèvres.
Miracle! voici que ses cheveux redevinrent noirs, que son visage perdit ses rides, que les forces passées lui revinrent. Yoshida reconnut le solide jeune homme qu'il avait été. Il avait bu, sans le savoir, l'eau de la Fontaine de Jouvence.                                                                                                                                            


Il se hâta vers sa maison où l'attendait Fumi. Lorsqu'elle vit entrer ce beau jeune homme qu'elle avait connu, elle poussa un cri de surprise. Yoshida la rassura et lui expliqua son aventure. C'était décidé. Elle irait aussi boire l'eau de la Fontaine de Jouvence.

Le lendemain, tôt le matin, elle se dirigea vers la source. Yoshida garda la maison. Le temps passa. Yoshida commença à s'inquiéter. Au bout d'un certain temps, il partit à sa recherche. Il arriva à la source. Personne. Il s'apprêta à rentrer lorsqu'un bruit lui fit tourner la tête. Il s'agissait d'une vague plainte. Yoshida s'approcha de l'endroit d'où venait le bruit. Caché par les hautes herbes qui entouraient la source, il aperçut un tout petit enfant à peine âgé de quelques mois. Trop jeune pour pouvoir parler, il tendit ses bras vers Yoshida d'un air désespéré. Dans ses yeux, le bûcheron crut reconnaître le regard de celle qu'il avait tant aimée. Oui, ce petit enfant était Fumi. Fumi qui, dans sa soif d'éternelle jeunesse, avait tant bu l'eau de la source qu'elle était devenue un nourrisson.

 

Yoshida attacha la fillette sur son dos comme le font les Japonaises de cette époque et rentra chez lui avec la pensée qu'il devrait, à l'avenir, protéger et éduquer celle qui fut jadis sa compagne.

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 15:32

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Un roi chevauchait la plus fougueuse de ses montures lorsqu'il rencontra sur le bord du chemin un vieillard courbé qui plantait des arbres fruitiers. II arrêta son cheval et l'observa.

 

  «Tes cheveux, lui dit-il, sont blancs comme le lait. Il ne te reste pas longtemps à vivre et je m'étonne que tu plantes encore des arbres dont tu ne verras jamais les fruits.»

 

   Surpris par une telle remarque, le vieillard regarda longuement le roi avant de se décider à parler.

 

    «Mes ancêtres, finit-il par répondre, ont planté des arbres afin que je puisse en récolter les fruits. C'est la raison pour laquelle j'en plante à mon tour pour ceux qui me succèderont. Ton père fit de même puisqu'il s'attacha à la mise en valeur du pays jusqu'à sa mort. En poursuivant son oeuvre, depuis que tu es sur le trône, tu ne fais, comme moi, que préparer l'avenir.»

 

    La réponse plut au roi. Il sourit, plongea la main dans sa poche et en tira une poignée de pièces d'or qu'il tendit au vieillard.

 

«Prends-les, lui dit-il, elles sont à toi.»

   

«Mon travail n'aura pas été vain, s'exclama le vieillard en les acceptant, puisque j'en tire immédiatement profit. Mes arbres ont rapidement produit leurs fruits.»

 

    Le roi apprécia beaucoup ces mots pleins de sagesse et il offrit alors au vieillard des terres et de quoi les irriguer.

 

Par Antine@ - Publié dans : Textes d'auteurs - Communauté : A fleur de peau

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 01:58

(joli conte chinois)

 

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On raconte que vers l’an 250 avant J.-C. dans la Chine ancestrale, un prince de la région nord du pays, à la veille d’être couronné empereur devait, conformément à la loi, se marier.

 

Sachant cela, il a décidé de mettre à « l’épreuve » les donzelles de la cour ou toute personne qui se trouvait digne de cette proposition. Le lendemain, le prince a annoncé qu’il allait recevoir dans une célébration spéciale toutes les prétendantes et leur lancer un défi.

Une vieille dame, servante du palais depuis de nombreuses années, à l’écoute des commentaires sur les préparatifs, a senti une légère tristesse, car elle sait que sa jeune fille nourrit un sentiment de profond amour pour le prince.

 

A son arrivée à la maison et après avoir raconté la nouvelle à sa jeune fille, elle est stupéfaite d’apprendre qu’elle voulait aller à la cérémonie et a demandé, incrédule :

- Ma fille, que feras-tu là-bas ? Il s’agit de toutes les plus belles et plus riches filles de la cour. Ote de la tête cette idée stupide. Je sais que tu souffres beaucoup, mais que la souffrance ne devienne pas folie.

 

Et la jeune fille répond :

- Non, chère mère, je ne suis pas souffrante et encore moins démente. Je sais que je ne serai peut être pas choisie, mais j’aurai la chance d’être au moins quelques instants près du prince, ce qui me rend déjà très heureuse.

 

Le soir de la cérémonie, au palais, il y avait, donc, toutes les belles et riches filles, parées de fines étoffes de soie, des plus beaux bijoux et les plus déterminés intentions. Puis, enfin, le prince annonça le défi :

- Je vais donner une graine à chacune de vous. Celle d’entre vous qui, dans un délai de six mois, m’apportera la plus belle fleur, sera alors choisie mon épouse et future impératrice de Chine.

La proposition du prince n’a pas failli à la profondeur des traditions du peuple, qui valorise beaucoup le savoir de « cultiver » quelque chose, que ce soit les traditions, l’amitié, etc. …

 

Le temps passe et la douce jeune fille, qui n’avait pas beaucoup d’aptitudes dans l’art du jardinage, s’occupe avec grande patience et tendresse de son semis. Puisqu’elle savait que si la beauté de la fleur se présentait avec la même profondeur que son amour, elle n’avait pas besoin de s’inquiéter du résultat.

 

Trois mois ont passé et la graine n’a toujours pas germé. La jeune fille a tout essayé, en utilisant toutes les méthodes qu’elle connaissait, mais rien n’a poussé. Jour après jour, elle concevait son rêve un peu plus lointain, mais son amour est de plus en plus profond.

Enfin, les six mois se sont écoulés et rien n’a poussé. Consciente de ses efforts et de son dévouement, la jeune fille annonce à sa mère que, indépendamment des circonstances, elle retournerait au palais. Puisqu’elle n’aspire à rien d’autre que quelques minutes de plus en compagnie du prince.

 

Et le moment venu, elle est là ; son pot vide, parmi toutes les autres prétendantes, chacune avec de fleurs, toutes plus belles les unes que les autres, de formes et de couleurs variées.

Elle était contemplative, jamais elle n’avait vu de si belle scène.

 

Arrive le moment tant attendu, et le prince considère chacune des prétendantes avec beaucoup de soin et d’attention. Après être passé devant toutes, une par une, il annonce le résultat et montre sa belle et future épouse.

Les convives ont été offusqués du choix du prince. Personne n’a compris pourquoi il avait choisi celle qui n’avait rien « cultivé ».

- Alors, le prince explique calmement :

- Celle-ci a été la seule à « cultiver » la fleur qui la rend digne de devenir impératrice. La fleur de l’honnêteté, parce que toutes les graines qui ont été distribuées étaient stériles.

« L’honnêteté est comme une fleur faite de fils de lumière, qui illumine qui la cultive et répand autour la lumière. »

 

Par plume de cib - Publié dans : HISTOIRES - Communauté : resilience

BLOG:  La plume dans l'kawa

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