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Blog gérontologique de Richard Lefrançois - Un forum de discussion et d'échange sur les enjeux et les défis de la vieillesse et du vieillissement
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  • Richard Lefrançois
  • Retraité et professeur associé (Université de Sherbrooke, Québec), Sociologue, gérontologue
  • Retraité et professeur associé (Université de Sherbrooke, Québec), Sociologue, gérontologue

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Archives Des Six Derniers Mois

24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 12:58

AVIS AUX LECTEURS

 

J’ai décidé de suspendre temporairement mes activités dans mon blog depuis que j’ai annoncé au quotidien La Tribune la fin de ma collaboration avec eux..

 

Tout commentaire serait apprécié pour une éventuelle relance. Si vous êtes intéressé à collaborer à ce blog (côté rédaction ou revues d’articles), vous êtes prié de communiquer avec moi en laissant un commentaire sur le blog.

Merci et bon été

Richard Lefrançois

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:10

ipad

Dans le monde de l’informatique et des nouvelles technologies, on ne parle plus que de cela : les fameuses tablettes interactives qui nous suivent partout et nous permettent de rester connecter au web et à ses proches en permanence. Ou presque. Certains seniors ont d’ores et déjà adopté ce nouvel outil, mais pas tous. Dans ce contexte, un livre blanc baptisé « Seniors et Tablettes interactives » a été dévoilé la semaine dernière (juillet 20110

Avant-propos du Livre blanc, par Bernard Benhamou, délégué aux Usages de l’Internet

En l’espace de quelques années, l’Internet est devenu indispensable à l’ensemble des activités quotidiennes des citoyens. En France, plus de deux foyers sur trois sont désormais connectés au réseau. Cependant les seniors restent, avec les foyers défavorisés, les deux groupes de Français les moins connectés. En effet, les ordinateurs personnels sont restés à la fois complexes dans leur fonctionnement et dans leur maintenance au quotidien, tout particulièrement pour ceux qui n’ont pas utilisé les ordinateurs durant leur vie professionnelle.

L’apparition des terminaux mobiles a constitué une véritable rupture dans les usages de l’Internet. Leurs interfaces simplifiées ont introduit une nouvelle «grammaire gestuelle» auprès de l’ensemble des utilisateurs. Ces terminaux ont aussi introduit une nouvelle forme de « mobilité domestique », et ils ont permis d’intégrer plus étroitement les services de l'Internet à la vie quotidienne des citoyens. Plutôt que de créer des technologies spécifiquement dédiées aux seniors, il est désormais possible de faire évoluer les outils «grand public» afin que les seniors puissent en bénéficier. En effet, l’ergonomie constitue désormais un facteur crucial pour la démocratisation des services de l’Internet.

La Délégation aux Usages de l’Internet souhaite en publiant ce livre blanc permettre à l’ensemble des acteurs de l’Internet (constructeurs de terminaux et concepteurs de services mobiles) de mieux prendre en compte les besoins des seniors. Ce livre blanc a été élaboré à l’issue d’une étude menée par le laboratoire du CNRS Le Lutin avec l’association d’entreprises Silicon Sentier.

Au-delà des publics seniors, les recommandations sur l’accessibilité et l’ergonomie qui figurent dans ce Livre Blanc, seront utiles à l’ensemble des concepteurs de services. Sa publication intervient à un moment particulier dans le développement des technologies de l’Internet en France. En effet, l’année 2010 aura été marquée par le triplement du nombre des utilisateurs de terminaux mobiles connectés.

Ce livre blanc a été élaboré dans le cadre du portail Proxima Mobile, premier portail européen de services aux citoyens sur terminaux mobiles. Les services de ce portail ont dans un premier temps été conçus pour les téléphones mobiles et sont désormais développés pour les tablettes interactives. Bientôt, de nouvelles générations de services permettront aux terminaux mobiles d’interagir entre eux mais aussi avec les téléviseurs connectés. À terme, de nombreux objets seront aussi connectés à l’Internet dans notre environnement familier.

Il convient désormais d’accompagner les seniors vers les nouveaux usages sur les terminaux mobiles. En effet, si les seniors doivent être les premiers à en tirer parti, c’est l’ensemble des citoyens connectés qui bénéficieront de ces évolutions.

Parmi les recommandations préconisées par ce livre blanc :

- Faciliter la modification des caractères affichés : exemple, présence de [a-] [A +] au sein des applications

- Veiller à limiter la fatigue visuelle (texte noir sur fond blanc) et luminosité plutôt élevée

- Rendre plus accessibles les éléments de navigation (autre que textuels, type boutons, icônes, etc.)

- Rationaliser l’espace disponible à l’écran

- Généraliser l’utilisation du mode « paysage »

- Aider à localiser et identifier les icônes sur l’écran d’accueil

- Donner accès à l’ensemble des fonctions de l’interface

- Rendre prédictibles les résultats d’une action

- Personnaliser la sensibilité et le temps de réaction

- Optimiser l’utilisation du clavier virtuel

- Réduire les efforts nécessaires à la réalisation d’une action

- Éviter les procédures complexes et limiter les temps d’attente

- Généraliser le partage des informations

- Alléger et rendre autonomes les tablettes

- Élaborer des modes d’emploi adaptés aux primo-utilisateurs

- Concevoir des dispositifs d’accompagnement spécifiques

Source : Orgris    Publié dans : NTIC

Lire le Livre blanc  (fichier pdf)

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 12:29

Par Richard Lefrançois, La Tribune, 16 juillet 2011

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L’hôpital n’a pas été dédié de tout temps aux seuls soins de santé. L’hospitalis domus désignait au XIIe siècle un établissement charitable à vocation «hôtelière» destiné à accueillir ses «hôtes», essentiellement des malades, des vieillards, des voyageurs, des pèlerins et des pauvres. En 1656, Louis XIV institua l’Hôpital général de Paris, un établissement de bienfaisance, mais aussi de coercition. En plus de soigner les démunis, ce réseau de maisons spécialisées servait au refuge, à l’enfermement et à la rééducation des prostituées, vagabonds et délinquants.

Ce n’est qu’à compter du XVIIIe siècle, avec le déclin de l’Église et le recul des mythes sur la maladie que s’affirme la médecine scientifique et que se précise le mandat universel de l’hôpital. En plus de s’occuper de l’hébergement temporaire des malades et de fournir des soins curatifs, préventifs et palliatifs, l’hôpital moderne assure l’enseignement, la formation médicale et l’encadrement de la recherche.

Or, le monde hospitalier est aujourd’hui en détresse financière, sinon à la dérive au regard de ses valeurs premières. Comment rendre raison de la périlleuse descente aux enfers d’une institution aussi vitale pour le maintien de notre santé?

Les maux de l’hôpital contemporain

Paradoxalement, malgré le cortège des réformes (virage ambulatoire, compressions, désinstitutionnalisation, fusions hospitalières, déficit zéro), notre système public de santé est toujours souffrant, constamment menotté par des dépenses faramineuses (33 milliards $ en 2011). À ce gouffre sans fond, s’ajoutent l’encombrement des urgences et les intolérables temps d'attente en chirurgie. Selon une étude du Collège des médecins et chirurgiens du Canada, seulement 39 % des Québécois présentant un problème de santé urgent ont eu accès à un médecin en moins de 24 heures. Chez ceux souffrant de troubles non urgents, à peine 11 % ont bénéficié de traitements en deçà d'une semaine. Ces irritants mettent à dure épreuve la «patience des patients».

N’est-il pas inconcevable que des aînés requérant des soins fuient l’hôpital par crainte de passer la nuit sur une civière dans un corridor? D’autres jugent même les hôpitaux «dangereux pour leur santé», comme on l’a constaté tout récemment à propos des problèmes de salubrité : malpropreté, air vicié, moisissures, vermine, équipements vétustes. Ils ont aussi en mémoire les nombreux décès survenus à la suite d’infections nosocomiales contractées lors de la pose d’un cathéter, d’une perfusion ou de l’implantation d’une prothèse. Comme si ce n’était pas suffisant, la maltraitance qui sévit toujours en milieu hospitalier a été tellement médiatisée que certains aînés redoutent d’en être un jour victimes.

Au-delà de ces inquiétudes, plusieurs usagers âgés se sentent inconfortables, stressés et désorientés dans cet environnement qui leur est étranger. Ils sont indisposés par l’atmosphère survoltée qui y règne, les contraintes imposées, les horaires forcés et le recours à des technologies intimidantes. Comment ne pas s’indigner quand l’hôpital, hormis l’exigence d’être compétente et performante (curing), s’éloigne de sa doctrine fondatrice qui est d’être accueillante et humaine (caring)?

En se drapant des oripeaux de la technologie médicale et gestionnaire, l’hôpital a engendré des effets pervers. Au lieu d’être à l’écoute du malade et de le réconforter, il s’en est distancé et l’a muselé. En dépit du dévouement exemplaire des intervenants, épuisés puisque confrontés à des exigences nombreuses dont l’alourdissement des clientèles, la dépersonnalisation des rapports sociaux de même que la déshumanisation des soins portent ombrage à la mission première de cette institution et entachent sa crédibilité.

Le gigantisme des appareils de gestion et de soins ainsi que la culture technomédicale ont finalement transformé l’hôpital en une mégastructure de prestations de services «inhospitalière» où les usagers sont non seulement des numéros, mais à certains égards des gêneurs ou des importuns. Sans surprise, un nombre accru de médecins se dirigent à regret vers la pratique privée qui offre de meilleures conditions.

Principales sources du problème

L’enlisement financier de notre système de santé tient en grande partie à la facture qui ne cesse de grimper alors que les recettes ne suivent pas la cadence. Même si l’augmentation générale des coûts dépasse à peine le taux d’inflation, ce déséquilibre des comptes crée une pression constante sur l’offre de soins. D’où le défi : comment gérer la croissance des dépenses et la décroissance des revenus tout en maintenant le cap sur la qualité des services?

La crise hospitalière qui en résulte se traduit par des débordements à l’urgence et des anomalies dans la chaîne des services. Le Collège des médecins pointe du doigt l’organisation des soins, le manque de lits et la lourdeur bureaucratique, alors que les syndicats imputent les lacunes à la pénurie de personnel, aux coûts prohibitifs des médicaments et aux technologies médicales sans cesse à renouveler. D’autres l’attribuent au surnombre des demandeurs de soins au sein de la population âgée.

Il est imprudent d'incriminer les aînés pour rendre compte de la surchauffe du système de santé. L’accroissement des coûts de santé dû au vieillissement est marginal, autour de 1 % d’après la CSQ, même si les aînés occupent 55 % des lits de soins de courte durée. De fait, la demande de soins croît à tous les âges, au rythme de la généralisation des mesures de prévention, de la médicalisation des problèmes sociaux et du comportement clientéliste des usagers.

N’empêche que l’actuelle glissade hospitalière n’est pas sans conséquence pour les aînés. Dans un document récent, Marie-Jeanne Kergoat, chef du département de médecine spécialisée à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, explique pourquoi «l’hôpital contribue au déclin de l’état de santé des aînés». Pour preuve, un court séjour hospitalier pour une légère pneumonie conduit souvent à des pertes fonctionnelles qui sont loin d’être anodines. Toute prise en charge inadaptée risque de déclencher chez le bénéficiaire la confusion mentale, l’incontinence, la réduction de ses capacités physiques et la perte de sa résilience.

Recentrer les interventions dans les unités non gériatriques suivant une approche globale serait bénéfique aux aînés. Il s’agit surtout de les hydrater suffisamment, de les faire marcher, de procéder au suivi régulier de la douleur, de sécuriser l’environnement, de respecter leur intimité et de les laisser personnaliser leur chambre.

Pour un hôpital ami des aînés

De l’aveu même du ministre Bolduc, les hôpitaux sont devenus des milieux hostiles pour les aînés, mais aussi pour tous les usagers! Toute la filière d’intervention est donc à repenser, aussi bien au regard de l’accueil, des soins, du gite que de la préparation pour un éventuel retour à domicile. Un réaménagement d’une telle envergure nécessite des passerelles souples et coordonnées entre les divers établissements du réseau, les unités de soins et les ressources humaines (professionnels, préposés, bénévoles, familles). Un cadre de référence existe déjà, soit l’approche adaptée à la personne en milieu hospitalier. Le gouvernement consacrera 300 000 $ pour le Centre universitaire de santé McGill qui deviendra le premier hôpital québécois «ami des aînés». Des initiatives nécessitant le déploiement d’outils plus performants de dépistage de la perte d'autonomie chez les patients âgés admis à l'urgence sont également en cours, notamment au Centre hospitalier affilié universitaire de Québec et de Sherbrooke.

Exaspérée par l’extrême lenteur et l’inefficacité du système public de santé, une partie de la clientèle se dirige de plus en plus, du moins pour certains services, vers les cliniques privées. Quelle ironie si l’hôpital de demain devait être réduit à soigner massivement, comme au Moyen-âge, les sans-le-sou et les grands vieillards, ceux-là mêmes qui n’ont aucune solution de rechange autre qu’un système de santé public bien mal en point!

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 13:48

Le gouvernement du Québec a mis en place au fil du temps différentes mesures afin d’améliorer les conditions de vie des aînés et de favoriser le vieillissement actif.

Parmi ces mesures, notons :


- le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2010-2015;


- le programme Municipalité amie des aînés, qui vise à favoriser la participation des aînés au processus décisionnel des villes et des villages;


- la mise sur pied, à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, d’une équipe spécialisée d’intervention auprès des personnes aînées victimes d’exploitation;


- la création de carrefours de soutien aux aidants dans trois régions du Québec. Il y en aura dans toutes les régions d’ici 2012;


- les carrefours d'information pour aînés.

De plus, au cours de la prochaine année, la politique « Vieillir chez soi » sera mise en place afin de favoriser le vieillissement actif et en santé, à domicile.

Rappelons que la majorité des personnes âgées sont actives bien au-delà de la retraite. Actuellement, plus de 95% des personnes de plus de 65 ans vivent à domicile et 78 000 occupent toujours un emploi. Une personne aînée sur cinq participe à des activités de bénévolat, ce qui représente 73 millions d’heures travaillées chaque année au Québec.

Information venant de senioractu du 31 ,mai 2011

http://www.senioractu.com/Semaine-quebecoise-des-aines-pour-la-valorisation-de-la-contribution-des-seniors-a-la-collectivite_a13850.html?preaction=nl&id=16271181&idnl=91109&

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:22

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Un vieillard traversait une forêt quand sur son chemin, de derrière une souche, a surgi une grenouille qui lui a adressé ces paroles :

- Eh ! Vieil homme, je suis une jeune et belle princesse ensorcelée. Embrasse-moi, je retrouverai ma forme première et je serai tienne à jamais !


Le vieillard n'en a cru ni ses yeux ni ses oreilles. Il s'approche, tend le cou, et la grenouille répète :

- Oui, vieil homme, tu m'as bien entendue ! Je suis une jeune et belle princesse de dix-sept ans, yeux bleus, cheveux blonds... Embrasse-moi et je serai tienne à jamais !


Alors, le vieillard a pris la grenouille, l'a mise dans sa poche et a poursuivi sa route le visage rayonnant. Depuis la poche, la grenouille s'est écriée :

- Oh ! vieillard ! Tu m'as peut-être mal comprise ! Je t'ai dit : je suis une jeune et belle princesse de dix-sept ans, yeux bleus, cheveux blonds, joliment faite et bien bâtie... Embrasse-moi et je serai tienne à jamais !


Mais le vieillard, tapotant sa poche, lui a répondu :

- Tu sais, à mon âge, il est beaucoup plus amusant d'avoir une grenouille qui parle pour me tenir compagnie.

De Jean-Jacques Fdida.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 09:24

Rapport Couv Sphère • 02

Face au vieillissement, le seul recours envisagé par les politiques réside essentiellement dans l’immigration. Pourtant, celle-ci ne constitue pas la seule réponse possible. Ailleurs dans le monde, d’autres ont fait le choix de faire de leur population vieillissante une force plutôt qu’une faiblesse. L’exemple le plus intéressant nous vient du Japon. En adoptant très tôt une attitude offensive, l’Archipel est en passe de faire de son vieillissement l’un des principaux moteurs de sa croissance. Accepter, sans fatalisme, le vieillissement de notre population ; valoriser son potentiel pour en faire une dynamique d’innovations. Voilà les principaux enseignements à tirer de la présente note qui pousse très loin l’analyse du modèle japonais. Il en va certes de la compétitivité future de notre économie, mais également de la pérennisation
de notre modèle de société. Un modèle dans lequel les personnes âgées devraient pouvoir regagner non seulement toute leur place mais aussi tout le respect qu’elles méritent.
Claude Bébé

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 17:04

par R. L.

La vieillesse – calamité

Capture calamité

La vieillesse – opportunité

Capture opportunité

Wordle.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 22:07

alzheimer-copie-1.jpg

  Ce récit Cécile Huguenin intitulé "Alzheimer mon amour", préfacé par le Professeur Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge française est sorti mercredi 1er juin en librairie.
Dans ce texte court, Cécile Huguenin raconte comment faire le deuil d'un couple alors que l'être aimé est encore en vie. Il s'agit d'un magnifique hommage qu'une épouse attentive et inquiète rend à son mari. Un récit qui donne la voix aux patients, mais également aux soignants et aux proches. Un témoignage bouleversant, mais apaisé, qui chante extraordinairement la vie, et fait progresser le regard de chacun.
Cécile Huguenin est psychologue et coach. Lorsque le diagnostic est tombé, elle a continué à vivre avec Daniel, loin de toute médicalisation. Il vient de partir.

Pour en savoir davantage :

Sur le site Décision-santé
Le choix des libraires
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:48

Par Richard Lefrançois, La Tribune, 11 juin 2011

memes

L’image convenue et obsolète de la personne âgée passive, apolitique, nostalgique et recroquevillée sur elle-même est révolue. Il en va de même des représentations stéréotypées des grands-mères de jadis perçues comme passant l’essentiel de leur temps à leurs fourneaux et à leurs tricots.

Depuis qu’a émergé la tendance au vieillissement actif, c’est-à-dire à l’engagement social sous toutes ses formes, les attributions dévolues au genre et à l’âge ont profondément changé. Certains de ces rôles peuvent surprendre tellement ils sortent de l’ordinaire, comme c’est le cas pour le militantisme gris. Ces nouveaux rôles progressistes étonnent, d’autant qu’ils sont exercés par des femmes âgées dans le contexte où la gauche contestataire au Québec bat de l’aile depuis plusieurs années.

L’activisme des femmes âgées

Qui n’a pas vu à la télé, voire aperçu dans un lieu public, un attroupement de ces grands-mères enjouées, mais paradoxalement en colère, qui brandissent des pancartes lors d’une grande manifestation tout en fredonnant des airs satiriques? Ce sont les «Mémés déchaînées», des groupuscules de femmes âgées sans attache politique partisane, ni allégeance à un mouvement bien en vue pour aînés.

On les reconnaît aisément à leurs costumes bariolés, insolites et extravagants, à leurs chapeaux fantaisistes parés de fleurs multicolores, à leur humour mordant et à leur humeur décontractée. Elles sont de toutes les causes sociales et altermondialistes, comme la paix, la justice sociale, le respect des droits de la personne, le développement durable ou la décroissance et la protection de l’environnement.

Ces militantes sont toujours prêtes à descendre dans la rue et à braver les intempéries et les moqueries éventuelles du public pour s’exprimer lors des grandes marches mondiales ou des rassemblements populaires. Elles utilisent habilement leur humour corrosif et l’ironie pour promouvoir la paix, combattre l’oppression, dénoncer les inégalités sociales ou s’attaquer aux mythes sur le vieillissement. Elles font de la sensibilisation dans des écoles, répandent leurs idées dans les regroupements de femmes et livrent leur opinion dans des débats.

Les premiers regroupements de ces femmes activistes, les «Raging Grannies», ont vu le jour en Colombie-Britannique en 1987. Depuis, ils ont tellement essaimé qu’on les retrouve partout à travers le monde. Citons l’exemple des Grand Mothers for Peace aux États-Unis et les Babas Gayas en France.

Des groupes «spécialisés» ont été lancés, comme Révolution des grands-mères en Suisse, lequel revendique plus de places en garderie. Les Abuelas de Plaza de Mayo en Argentine recherchent les enfants placés en adoption après la mort de leurs parents sous la dictature des années 70 et 80. Au Québec, d’autres formations radicales sont nées dans le sillage des Mémés déchaînées, telle la chorale Les amères Noëlles, un collectif de féministes anti-capitalistes.

Leurs chants, leurs poésies enjouées, mais surtout leur façon inédite de prendre la parole citoyenne en ont inspiré plus d’un. Clarissa Pinkola Esté leur rend un vibrant hommage dans son roman « La danse des grand-mères», tout comme le cinéaste montréalais Magnus Isacsson avec son documentaire «Les Super Mémés» réalisé en 2010. Des ateliers de réflexion aux titres évocateurs comme Ridées mais pas fanées ou Jouer avec nos personnages de femme sont offerts, tandis que des sites internet répertorient religieusement leurs chansons «subversives» ou folâtres (p. ex. http://raginggrannies.net/)

Le langage multiple de la séduction

On peut bien sûr se montrer hésitant devant l’ambition hyper-idéaliste de leur mission qui consiste à sauver la planète et à léguer un monde meilleur et merveilleux aux futures générations. Mais chose certaine, leur approche unique incite à réfléchir sur le sens de nos actions et peut-être à secouer l’indifférence ou l’apathie de bien de nos concitoyens.

La parole militante et la critique sont parfois investies d’un pouvoir énorme, comme en témoignent deux événements récents, même s’ils sont d’un autre ordre. Ainsi, sans l’action conjuguée des opposants aux dictatures dans les pays arabes et l’usage des nouveaux médias, les révoltes populaires n’auraient sans doute pas eu lieu. Sans les analyses politiques contagieuses des blogueurs et les commentaires ras-le-bol des internautes, le Québec n’aurait peut-être pas été balayé par la gigantesque vague orange de ce printemps.

Tout ceci pour dire que les groupes qui exploitent intelligemment les médias peuvent marquer des points. Les Mémés déchaînées l’ont bien compris. Elles se font d’abord remarquer à la faveur de leur tenue vestimentaire bigarrée. Elles se révèlent à notre sensibilité grâce à leurs chants joyeux et entrainants. Puis elles éveillent notre admiration par leur courage et l’audace de leurs convictions, et surtout elles touchent notre cœur en raison des causes nobles qu’elles défendent. Brandir des pancartes à 75 ans n’invite-t-il pas au respect!

Le moins que l’on puisse dire est que ces femmes, fortement engagées et qui se présentent comme des agentes de paix, secouent bien des préjugés solidement ancrés au regard du potentiel des personnes aînées. Du même coup, elles ébranlent des idées reçues sur la retraite en plus de mettre à mal le regard trop bien-pensant et archaïque, toujours présent dans certains milieux, sur le rôle et la place des femmes dans la société.

Comprendre l’engagement militant féminin

Le militantisme est une démarche d’engagement social, relativement minoritaire, dont le but est de rallier la population à une cause. On distingue le militantisme de soutien populaire, celui des manifestants occasionnels ou circonstanciels, et le militantisme structuré et permanent comme celui exercé par les représentants syndicaux ou ceux d’un parti politique.

S’agissant du militantisme de soutien, les formes d’action pragmatiste qui ont prévalu au XXe siècle se sont visiblement estompées, relayées par les nouvelles exigences de performance et d’expression de soi. En notre ère postmoderne qui prescrit l’épanouissement individuel et la solidarité des groupes restreints, l’innovation créatrice et l’originalité, on comprend déjà mieux la préférence des Mémées déchaînées pour le militantisme ludique.

Mais plus fondamentalement, cet activisme innovateur à connotation esthétique s’inscrit dans la mouvance protestataire des années 60 et du même coup des batailles menées par des groupes féministes appartenant à la génération lyrique. Il reflète, par ricochet, le niveau d’éducation accru des femmes, leur émancipation sociale, et du même coup les frustrations accumulées au fil des ans sur le marché du travail et dans le cadre familial.

Quoi qu’il en soit, les Mémés déchaînées ont certes saisi ce message adopté en septembre 2010 au Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement : «Promouvoir l’égalité des sexes et l’empowerment des femmes ».

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 16:42

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Au Nord comme au Sud, l’accélération du vieillissement est le nouvel horizon démographique et le cadre de défis colossaux. Pendant que s’accentue le débat sur ses répercussions économiques et sociales, de nombreux retraités et travailleurs âgés subissent les contrecoups des lendemains de récession. Les affranchir de la précarité est une responsabilité étatique et citoyenne aussi primordiale qu’améliorer le sort des personnes âgées dépendantes ou malades.

Je vous invite à lire mon article publié sur le site du mensuel Le monde diplomatique, intitulé Les sociétés vieillissantes changent la face du monde.

http://blog.mondediplo.net/2011-06-03-Les-societes-vieillissantes-changent-la-face-du

 

RL

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